Déformation ·
- Ce que nous écrivons,
- nous ne pouvons pas le dire.
- Si nous pouvions le dire,
- nous ne l'écririons pas.
- - René Char
Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche
Explication : Pouvoir être (a1)/Je (a2)/Temps (a3). La seule manière de cloturer et de boucler définitivement ces figures est d'y mettre une fin. Il y aura sans doute des mécompréhensions de cette exploration alphabétique pour toutes les personnes, qui ne sont pas de la conversation des voix depuis le début de cette aventure sans matière. Quelques ajouts et corrections mais seulement à but correctif. Vive le mélange et la forme. Bienvenue en réelle anomalie anonyme anomique.
- Ce que nous écrivons,
- nous ne pouvons pas le dire.
- Si nous pouvions le dire,
- nous ne l'écririons pas.
- - René Char
Message informatif potentiellement inintéressant à l'usage des gens qui me parlent et qui sont donc improbable.
Rappel des épisodes précédents
Avant d'entrer en sociologie et pour des raisons de saturation, je m'étais secrètement promis de ne jamais lire P. Bourdieu et que si jamais je devais en disserter, je me contenterai des cours éventuels pour comprendre le contenu des Saintes Paroles. Minimum Radio. Finalement, j'ai lu la moitié de ses bouquins, j'en ai parlé pendant des heures (pour en dire du bien comme du mal - et saturer à mon tour mes différents auditoires), j'ai mémoirisé un truc typiquement dans cette tradition et je creuse la piste d'un des disputants à la succession.
Avant tout ça (pour cause de fréquentation de hypotruc), je m'étais également juré que je préférerais faire l'exégèse complète de Proust* que d'essayer de comprendre n'importe quoi émanant de Deleuze. Alors aujourd'hui, j'ai dit "image-temps" et prononcé 3 fois le nom.
A l'attention de mes amis, les vrais, ceux qui m'aiment, qui me veulent du bien et qui veulent continuer à me parler, j'autorise tout témoin de récidive à me lancer des cailloux et me frapper violement (très si nécessaire).
* Oui bon ok, une partie de mon travail historique est d'en faire une lecture partielle.
On se souviendra aussi qu'en sortant du lycée et de ses fabuleux cours de philo, j'avais fait le serment de ne jamais m'intéresser aux écritures de Freud ... et on** sait tous comment ça s'est terminé.
** on = les gens qui savent pourquoi le stade de la prévention a été dépassé.
La liberté, c'est de ne pas rêver dans sa tête.
Il faut que je me le dise mais on est lundi ; depuis quand même ? Etre un peu en dehors du tao, j'ouvre le livre au hasard pour voir si il n'y a pas quelque chose d'oublier. Il faudrait que je rachète une version neuve, les lectures et les marque-pages blessent un peu le chemin (19, 20, 21, 23, 27, 48 plus ou moins, 63, 71, 78, 81). La petite voix est une mutation et non pas une accumulation et le voyage n'a pas pour but de se trouver une caravane dans laquelle entreposée des putains de bibelots ou mieux comme certains se les coller sur le capot ; il suffit de penser au dégout que peut provoquer une cuisine kitsch. La bonne raison pour abandonner tout cela: les saints, la faim, l'odeur du satin et les crétins. Je veux monter une aventure qui m'éloignera de ces édifiantes stupeurs. Le code secret précieusement conservé au fond de mon placard à pensées, j'attendrais que les autres aventuriers le devinent pour partir vers la première destination qui pour l'instant est un peu surréaliste comme pays et gris niveau climatologique. J'attends plusieurs courriers électroniques dont deux oranges et un vert. J'anticipe avec le ciel m'aidant ma probable réaction à l'impropulsion d'une des réponses et l'autre, je ne sais pas. Je ne préfère pas écrire, en fait, je ne veux plus parce que le faire pour rien devient un peu lessivant. La lecture comme décontentement. Ici, sans chaussure, je n'écris pas, je ne fais que lire les sillons de mes emprûnts et depuis que je me suis écorché en coupant un poivron la tête a quelque fois quelque peine à ne pas faire la fine boucle.
L'attente traquée et la parole comme une peau scellée ou pire une peur cédée mais jamais prononcé l'appeau céleste. Et la hauteur dans tout ça ? Les genres géniaux retrouvent toujours d'autres pour tonalités géniales pour s'aimanter. Je me leste avec mes brouillons et je te laisse les bouillons. La vie ne tient pas à un seul film. La ville est plutôt comme un pull multicouleuvre tissé avec des aiguillages. Le tic, c'est ne pas faire son laisser-vivre avec mirlaine parce que ça n'existe que dans les écrans de nos visions distantes.
Aucune idée du comment sans pour quoi, je vois sans boire trop souvent l'angle sous le pont. J'avais pourtant déposé bouliers et asthme sur les pierres de ton cadavre triomphant, flamme mal désespérante de ton omniprésence malgré tous les efforts de ma science conne pour croire que tu n'es pas encore lasse. Seulement, les matins où je me réveille trop tôt, je ne rêve pas de ta consomme entoilée et de la profondeur de tes coups de leurre pourtant sans lancinance.
La décision est prise. J'abandonne mon corps. Bon en fait, j'étais déjà passé au non-acte il y a un petit bout de temps mais il fallait que cela soit dit. Si je n'ai plus de corps et qu'il ne reste plus rien de moi alors ça sera évident une bonne fois pour toute l'âme ou sa séparation nette avec le corps n'est qu'un pur artefact culturel. Evidence pour certains mais besoin de preuve immédiate. Vivre sans corps est assez facile, il suffit juste de renoncer à quelques affaires comme l'âge ou l'existence d'autrui en tant qu'être. D'ailleurs, je maintiens qu'être reste le verbe le plus con qui soit. Survivre sans corps n'est qu'une question de vision, même formule que pour le Sentiment Avec Un A.Vivre avec et réduire tout cela à l'ultime suffisance, voire condescendance.
Changement de programme. Je met la sémiologie et tout le reste à la poubelle. Overdose inopinée de structure. Manifeste ou latente, si j'en entends encore parler condamnation immédiate à participer à une cure de désintox. Nouvelle problématique : L'inexistentialisme est-il un surréalisme ? Je vous laisse chercher où, qui et quand cela n'a pas commencé. Bonne pioche.
Et si les écoliers avaient raison ? Si, finalement, il suffisait d'arrêter d'agir dans le monde pour devenir. Dans l'attente de nos infinies éternités nouvelles, s'asseoir sur le banc de nos inésperances pour attendre l'impassible baîser des paresses. Sans cesse nos malles sans arrière-salles s'enlisent espéremment dans la passivité de nos réfléxivités expulsées de nos mondes identifiés par la beauté des bateaux coulant à flot sur le lit sans fond et sans plafond des champs de riz.
Je me souviens de tout ou de tous. Pourtant je ne veux pas parce qu'il y a une trouille monstre de comprendre, mal, et d'interpréter, trop. Je me soumet totalement à la lâcheté habituelle de laisser aux autres de décider de la réalité. Je fais très bien l'acteur dans le rôle de la personne qui se donne à savoir. Je ne sais plus depuis combien de temps, j'ai regardé autre chose qu'un plat fond. Je ne sais plus lire les nues sages.
Un bon bouquin de vacances est généralement un gros pavé qui doit prendre un maximum de temps possible à lire. Essentiellement pour éviter de transporter plus de livres que de vêtements quand on part pour une période dépassant la semaine; considération totalement utilitariste mais qui fait toute la différence au moment de faire les bagages. De ce point de vue là, Vacances Indiennes de W. Sutcliffe n'est pas une franche réussite. Il est lisible en journée ou moins. Vous le prenez le matin et vous le finissez en milieu d'après-midi pour peu que vous soyez seul dans votre bureau et avec une gestion personnalisable des pauses. Parallèlement un bouquin de vacances ne doit pas être chiant (sinon ça serait trop facile de faire un livre long à lire parce que chiant à lire) ou déprimant (sinon ça sert à rien de partir en vacances si ce n'est pas pour se relaxer un peu); des auteurs comme Dostoïevsky ou Joyce sont donc exclus d'office du palmarès des meilleurs bouquins de vacances. Le livre de Sutcliffe, par contre, de ce point de vue là s'en tire beaucoup mieux. Il est très drôle, très captivant, très facile à lire, très tout ce qu'on veut pour se détendre (de la même manière, un traité de philosophie ne peut pas concourir dans la catégorie bouquin de vacances). Les personnages sont attachants et pourtant très stéréotypés mais jouant un rôle prépondérant dans les situations comiques. Cela donnerait presque envie de partir en Inde ou de se foutre gentillement de la gueule des gens qui sont partis crapahuter à l'occidental façon touriste colonial ou routard anthropologue, voyageur de l'extrême et à la conquête de l'exotique et de l'Asie. Comme je ne me suis toujours pas améliorer en résumé de livre, je me contenterai de m'abstenir d'en rester là.
Lire c'est bien seulement quand on a pas le temps de le faire on savoure d'autant mieux la transgression d'un moment volé ou pire d'une nuit allégée.
J'aime le mot croire. En général, quand on dit "je sais", on ne sait pas, on croit.
Marcel Duchamp
Nous nous sommes dit que nous ne nous aimions plus. Je ne suis plus amoureuse comme toi ailleurs et autre part. Tu cherches dans un livre pour me dire que c'est normal même si tu aimerais que non. Il paraît que les sentiments sont indépendants de leur durée. Tu ne pars pas loin. Fais moi rire et arrête de te prendre pour un samuraï.
Cela commence par l'histoire de quelqu'un qui commence à faire des études de mathématiques parce qu'il y a une notion de beau dans les infinis d'Escher.
Cela finit par l'histoire de cette même personne, qui par mirroirs interposés*, rédige (ou tente de le faire) un projet d'étude sur l'écriture personnelle.
Prochaine étape, trouver quelque chose qui ne me rappelle pas qu'il y a quelque chose de fondamentalement étrange dans le déroulement de ma vie comme cette impression actuelle d'être de manière persistante en transition quantique vers une quantité improbable d'états incertains.
*: Référence, obscure et pouvant être mal interprétée, à "Reproduction Interdite" de R. Magritte en couverture de L'homme pluriel de B. Lahire.