Anomalie Anonyme Anomique Anamorphose d'un amour analytique

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Fin [Fuite]

Explication : Pouvoir être (a1)/Je (a2)/Temps (a3). La seule manière de cloturer et de boucler définitivement ces figures est d'y mettre une fin. Il y aura sans doute des mécompréhensions de cette exploration alphabétique pour toutes les personnes, qui ne sont pas de la conversation des voix depuis le début de cette aventure sans matière. Quelques ajouts et corrections mais seulement à but correctif. Vive le mélange et la forme. Bienvenue en réelle anomalie anonyme anomique.

08:50 09/12/05

Danser en l'air ·

Aujourd'hui, je ne suis personne dans la rue, un peu exténué par le boulot. En sortant du réseau sous-terrain, j'ai croisé cette autre personne avec qui j'aime bien discuter, elle m'a dit que personne avait eu quelques problèmes personnels lors de son dernier voyage. De mon côté, l'autre soir j'ai rencontré une autre personne avec qui j'ai bu un peu trop de vin. J'ai vu tel film, j'ai bien aimé parce qu'il y a une véritable rigueur dans l'application d'un décalage. La vision, c'est le centre de la tangente. J'ai lu tel livre, il y a un effort sur le style mais ça sonne encore vraiment trop l'exportation. La conjugaison, c'est la fin de l'être. J'ai entendu la dernière nouvelle qui n'est en fait que la particule alimentaire du déroulement mécanique d'une société sur la déparmentale qui mène vers la montagne où elle glissera sur une pente bien trop raide pour son niveau intellectuel. J'ai envie de jouer et d'étendre mon territoire personnel. Mais étant donné que je ne suis pas vraiment l'humeur qui se lance dans ce genre de conversion, je lui ai dit de m'en reparler à la prochaine rencontre parce qu'il faut que je file voir la personne pour qui je suis personne, il faudrait montrer un lien vers la seconde si j'avais la minutie nécessaire pour rendre ce texte vraiment personnalisable puis je sortirais aussi le percolateur. Je ferais de cette relation une information. Rien ne se passe, le texte reste uniforme sans expansion. La réalité sans extension, seulement la réalité sans l'excitation des tension, pas d'hyper-marchandage verbal, toute la détention d'une image. Je me répète un peu là, il me semble bien avoir déjà tout ça, mais c'est ce qui est attristant lorsque qu'on se prend soi-même comme information, lorsqu'il n'y a plus rien d'autre que l'intérêt cognitif dans l'équation de l'identité. J'ai même dans l'envie de dire que toute la laideur de l'étalage n'est pas une question d'inflation de quelques petites briques, bien trop carrées pour être enjouées mais de la superstition du culte du préfixe de l'information sur la personne.

19:13 11/09/04

Banalité dans l'air ·

Le temps, l'important, ce n'est pas d'en avoir mais de le prendre.

15:58 29/09/04

Déformation ·

  1. Ce que nous écrivons,
  2. nous ne pouvons pas le dire.
  3. Si nous pouvions le dire,
  4. nous ne l'écririons pas.
  5. - René Char
02:26 26/07/05

Une histoire de journaux ·

Je vous raconte rapidement l'histoire de La confession impudique (1956) de Junichirô Tanizaki, cela vous rappellera sans doute quelques choses.

Ce (court) roman prend la forme de deux journaux intimes. Celui d'un prof approchant de la soixantaine et de sa femme plus jeune qui écrivent sans le dire. Tanizaki y conte, avec une étrange réalité actuelle, le croisement littéraire de deux individus qui se désirent dans une tectonique de la jouissance assez complexe. Tout au long du roman où la femme et l'homme racontent tour à tour leur quotidien, on ne sait pas très bien qui lit quoi et qui sait quoi. Les deux personnages feignent tous les deux l'ignorance quant à la lecture de leurs journaux respectifs et laisse dans le domaine de l'incertain la possibilité d'une communication à travers l'écriture d'un intime indicible ; bien que de légères traces apparaissent à la fois dans la narration et dans la réalité de la fiction.

L'intérêt justement de cette forme de dialogue et de mise en scène d'une relation conjugale est la transgression de l'intime. Le lecteur est le seul dont on sait avoir connaissance des deux journaux et pourrait aussi bien être l'un des deux protagonistes lisant le journal de l'autre. La femme écrit en réponse au mari qui décide d'engager son intimité dans une écriture dont elles étaient toutes les deux absentes. Cette écriture des corps entraînent alors la femme dans un espace de non-dit ou plutôt de non-dit oral. Elle décide alors de s'engager dans cette lutte pour le plaisir qui se manifeste justement dans le secret, dans le fragment mystérieux qui échappe à la parole impossible à formuler mais manifeste.

C'est ce constant et progressif dépassement du corps de l'autre (le mari à travers l'ivresse de la femme et la femme à travers l'incapacité du mari à dépasser le fantasme d'un amant) dont chacun jouissent tour à tour qui est au cœur de cet impudique mais ironique configuration des êtres. Cette agression et irruption dans le secret du partenaire se fait sans violence et dans toute la perversion par la médiation d'une sublimation dans le silence. Les deux personnages principaux ne font face à rien d'autre que la brutale psychologie de leurs plaisirs et de la rigueur sociologique de leur espace clos.

La force de cet ouvrage est peut être justement de nous faire oublier que l'on est entrain de lire deux journaux. La seule forme ou structure qui laisse croire cela est l'utilisation des dates. L'identité des premières personnes alternées ne se révèlent que par le jeu de l'évocation d'autrui et donc de l'intimité des relations sociales. Sous les mensonges et les faux-semblants, nous sommes entraîner dans le même jeu pervers que se livre Iku et son mari. Tanizaki laisse également le doute sur ce collage (rétrospectivement opéré par la subjectivité de la femme ?) pour mieux forcer le point de vue et oublier les éléments de décors dont les personnages annexes comme Toshi et Imura alors que le personnage central de ces quelques pages fulgurantes est l'avidité du désir humain dépassant ses propres contenants jusqu'à la destruction. On est prévenu dès la quatrième de couverture (et dans la préface), l'un des deux meurt mais l'autre ne disparaît-il pas aussi avec la disparition de la confrontation ?

01:48 18/12/05

La fureur ·

Il faut que je me le dise mais on est lundi ; depuis quand même ? Etre un peu en dehors du tao, j'ouvre le livre au hasard pour voir si il n'y a pas quelque chose d'oublier. Il faudrait que je rachète une version neuve, les lectures et les marque-pages blessent un peu le chemin (19, 20, 21, 23, 27, 48 plus ou moins, 63, 71, 78, 81). La petite voix est une mutation et non pas une accumulation et le voyage n'a pas pour but de se trouver une caravane dans laquelle entreposée des putains de bibelots ou mieux comme certains se les coller sur le capot ; il suffit de penser au dégout que peut provoquer une cuisine kitsch. La bonne raison pour abandonner tout cela: les saints, la faim, l'odeur du satin et les crétins. Je veux monter une aventure qui m'éloignera de ces édifiantes stupeurs. Le code secret précieusement conservé au fond de mon placard à pensées, j'attendrais que les autres aventuriers le devinent pour partir vers la première destination qui pour l'instant est un peu surréaliste comme pays et gris niveau climatologique. J'attends plusieurs courriers électroniques dont deux oranges et un vert. J'anticipe avec le ciel m'aidant ma probable réaction à l'impropulsion d'une des réponses et l'autre, je ne sais pas. Je ne préfère pas écrire, en fait, je ne veux plus parce que le faire pour rien devient un peu lessivant. La lecture comme décontentement. Ici, sans chaussure, je n'écris pas, je ne fais que lire les sillons de mes emprûnts et depuis que je me suis écorché en coupant un poivron la tête a quelque fois quelque peine à ne pas faire la fine boucle.

L'attente traquée et la parole comme une peau scellée ou pire une peur cédée mais jamais prononcé l'appeau céleste. Et la hauteur dans tout ça ? Les genres géniaux retrouvent toujours d'autres pour tonalités géniales pour s'aimanter. Je me leste avec mes brouillons et je te laisse les bouillons. La vie ne tient pas à un seul film. La ville est plutôt comme un pull multicouleuvre tissé avec des aiguillages. Le tic, c'est ne pas faire son laisser-vivre avec mirlaine parce que ça n'existe que dans les écrans de nos visions distantes.

15:38 02/07/04

Question pathologique ·

Qu'est-ce qui se passe quand deux personnes souffrant du syndrome du "gentil docteur" se rencontrent ?

22:42 04/10/05

Journée ·

J'écris comme je lis, dans la précipitation, dans la crainte éternelle de ne plus jamais avoir le temps, l'envie, l'espoir, la force, l'inspiration, la vie, l'illusion, la présence pour pouvoir le refaire. J'écris ici de la manière strictement inverse que le principe de réalité que j'applique à mon écriture "quotidienne", je bannis toute ontologie, je nie la raison pour la fiction fictionnelle et fictive, je préfère la prolifération à la méditation.

Il m'annonce qu'il abandonne le chemin que nous avions décidé de prendre, que ça sera trop compliqué pour lui, limite qu'il se sent pas capable de le faire. Alors que moi, oui, que moi, j'en suis tout à fait capable. Malgré mes crises existentielles quant à mes propres capacités qui se répètent toutes les quinzaines. Malgré l'imposture que je ne cherche plus à comprendre, l'absence de véritable posture. C'est l'absurdité de mon entourage qui m'enrage, ils ont confiance. Ca non plus, aucune compréhension. Pour cela, j'apprécie les profs, ils me disent de temps en temps qu'ils ne savent toujours pas si mon cas relève de l'originalité ou de la stupidité.

Il faut que je mette quelque chose de côté mais je n'arrive pas à m'y résoudre comme à dissoudre ces chemins que je met tant de temps à tracer et même si ils apparaissent souvent dans la soudaineté. Quelle vie ? Une question rare qui sonne à chaque fois que mon secret est découvert : je vis dans un univers où les journées ne font pas 24 heures. C'est pénible car il n'existe pas d'agenda gérant cela. Les possibles le sont tous, c'est bien pour ça que je vis dans l'indicible, dans la propreté de mon entourage.

Je n'ai pas encore assez de perspective pour dire si il y a autre chose que des rimes ridicules qui me font passer en quelques mois de la philosophie chinoise à la philosophie danoise, qui, dans une pure vue de ma table de chevet, m'ont fait transiter de Qu'est-ce que l'esthétique de Jimenez à Qu'est-ce que la métaphysique de Nef. J'y vois quand même un début de direction qui me permet de faire le choix entre le strict nécessaire et l'ultime superflu artistique. Je fais des choix en ce moment, cela n'arrive tellement peu souvent que j'ai l'impression que ça se voit.

La fac commence à ne plus m'étonner. Revenir plus tard pour les inscriptions. Les horaires des cours, ça sera pour un autre jour. La routine annuelle.

Nos chemins croisent, aussi, parfois le faire.

00:22 25/06/04

Considération paradigmatique #1 ·

Le vocabulaire (ou le milieu linguistique) propre au structuralisme m'a toujours paru très phallique ou au moins à forte connotations sexuelles.

01:14 06/03/06

Véhicule ·

Mon style est une imposture, une absence de posture, je ne fais que voir de trop près un grain de peau.

18:36 30/09/05

Rien ·

Tous les matins, je m'écris la même phrase sur le bras par peur de l'oublier. Elle me dit que je suis un peu maniaque, ma seule réponse est qu'il ne s'agit que d'une obsession passagère, que tout ira moins bien demain. J'ai une idée, elle ne disparaîtra pas tant que je l'aurai sur le bras.

16:25 13/05/05

Fragment ·

Conviction intime que vous ne lisez rien pour la simple raison que j'écris pas, je ne raconte même pas. Tout ce qu'il se passe en ce moment est l'exposition de ces calligraphies à fleur de peau. Il y a ceux qui écrivent leur vie, j'ai choisi de m'écrire dessus. L'écriture à même la peau ne signifie rien si il n'y a pas les morceaux corpusculaires qui tentent d'être recouverts par le méta-fort de la peau d'ici.

02:19 11/06/05

Spirale ·

Le retour des romans dans mon temps de lecture est quelque chose qui me perdra. Sur les traces d'un monde en voie de perdition, elle déboule dans la rame de métro. C'est toujours énervant ces personnes qui ne peuvent pas s'empêcher d'attendre le train suivant. C'est toujours un peu chiant les transports en commun parce qu'il y a toujours de quoi se rappeller que « oui, faut être con pour se rappeller que les corps sont aussi physiques ». Surtout ce jeu débile de se regarder comme des tableaux ou des installations dans musée sociologique. Il m'avait parlé d'elle longuement, j'ai entrevu des photos seulement la veille. J'ai une bonne excuse pour regarder son visage qui quand même ressemble vraiment à la fille sur les photos. Il me faut tout ça avant de regarder des photos, comme un tableau ; une histoire sociale plutôt qu'une géométrie. J'imagine qu'en noir et blanc, ses yeux réussiraient quand même à créer un gris profond et lumineux. Son regard, dans ce métro aérien, me ramène sur terre. Qu'est-ce qu'il a ce con à me fixer comme ça ? Il peut pas lire son livre ? Ah si mais pas plus de trente secondes apparement. Envisager les gens que l'on ne connaît pas, tout à fait puisqu'il y a des photos d'elle dans une salle noire que je connais, a quelque chose d'assez obscène. Elle a rendez-vous quelque part à l'autre de la ville. Je la quitte en cours de route. Elle et lui m'en auraient voulu si j'avais sû quelque chose.

00:11 13/04/05

Piscine ·

Attention, ceci est un billet intelligible ou presque.

En ce moment, je ne sais pas pourquoi mais je lis beaucoup de journaux perso de personnes qui ont la trentaine ou au moins mentalement. Parce que pour que pour moi qui grandit dans leur ombre, il y a un style "trentenaire". En ce moment, ça parle de gosses. C'est l'image que je me fais des gens qui approchent de cette âge : ils veulent des enfants ou ils sont entrain d'en avoir ou ils regrettent à moitié. Tout ça, moi, j'en ai peur. La dernière fois qu'on m'a parlé d'avoir des gosses, j'étais à la fac de psycho. Ce qui résume bien le problème et le contexte. Le pot de terre trônant sur une étagère témoigne de la dernière fois que l'on m'a parlé de responsabilité à propos de quelque chose de vivant. Il est vrai que je pourrais faire un effort et prendre soin du morceau de tige survivant. Ou juste acheter des graines pour nul en jardinage social.

Ca parle aussi quelques fois de couples et ce qu'il en reste. Les souvenirs, la poussière sur la cheminée ou bien les anecdotes de vies communes. Il y a une façon de dire et de faire les conjugaisons et les déliaisons que, nous, petits jeunes n'avons pas encore compris. C'est la seconde chose qui me fait lire ce style littéraire. Vivre avec quelqu'un pour moi, ça a toujours été ludique et surtout court. Pourtant, j'ai lu et je connais quelques trucs des gens "normaux" sur le sujet. Rapport à mes études. Qui me font croire que je ne suis peut-être pas dans la catégorie entre guillemets mais plutôt du côté des cas, qui ne fréquentent que des cas. Les signes avant-coureurs prennent des formes vraiment détournées pour ne pas dire perverses. Derrida, par exemple. Qui aurait pu se douter que "déconstruction" pouvait avoir la même fonction que le linge ? C'est fou comment avec l'âge, je ne sais où ou qui a dit cela, la communication se métaphorise et s'excuse.

Il y en a qui casse des assiettes et d'autres qui font des bibliographies.

Résulat de l'expérience : Rien. Autant ne pas raconter.

22:59 03/02/06

L'abandon ·

Le choix précédent était un peu gras et je crois bien être tombé sur un specimen qui n'a pas réussi à faire un choix et à être les deux en même temps aussi incroyable que cela puisse paraître. Sauf si on considère la différence entre l'égoïsme et le narcissisme : le premier est une indépendance à l'autre alors que le second c'est vivre dans la croyance, consciente ou inconsciente, que l'autre n'est qu'un mirroir. Extension : le narcissisme est lisible dans la tendance à croire qu'en pensant assez fort l'autre pensera quelque chose de similaire (« Je pensais que »). Extension 2 : le narcissisme survit dans la sauvergarde d'un code unique ; de ce fait malgré la capacité de certains à se construire de véritable palais de mirroirs, le mode de lecture sera toujours celui de la monotonie. Conséquence : Dans un monde tristement monochromatique, on rate l'alentour.

Entre ce moment que je pourrais reprendre à l'infini, à en finir avec l'avant. Je me réveille assez tôt. Je bouquine. J'ai cru que quelqu'un m'avait filé les clés, mais en fait non, alors je prends le métro. J'utilise un casque et tout était alors devinable. Je sors avec mon pass magique pour les musées. Je vais au cinéma pour rester logique sinon chez moi je regarde les mêmes trois films que j'alterne comme le riz, les pâtes et les pommes de terre. J'achète du demi-pain. Je suis toujours dans l'attente de mon introduction. Parfois, j'en reçois de courts messages quand j'arrive à capter quelque chose. Je trépigne. J'applaudis cette dure fraîcheur. J'hésite entre maudire les changements climatiques et avouer mes sentiments à la froideur. Je n'utilise ce verbe que dans une seule phrase. J'aime le désordre.

10:44 12/10/05

Vrai ·

Je plane. Il paraît que. Personnellement, j'aime (bien) même si je pense n'avoir pas encore levé le pied non pas par manque d'audace mais simplement parce que la simple idée du frottement d'un pas me plonge dans une effroyable agonie sonore. Entre nous, c'est définitivement, non. Sans redéfinition possible. En ce moment, les mêmes pistes en boucle. J'avais promis à quelqu'un une compilation mais il faudra attendre un peu la fin de ce besoin de silence. Les disques rayés procurent ce petit bonheur pervers du retour incessant de la première minute. La répétition forcée, sans médiation, sans raison, seulement par la force des choses conduit à cet état d'annulation totale de la parole et du bruit, l'instant n'est alors qu'un bourdonnement sourd, une pure vacuité du sens. La seule solution est de se taire. Pour cette conviction, je préférerais toujours les doctrines qui place le silence comme fin des litanies à celle qui veulent éteindre tous les feux par la verbosité des incantations.

Si quelqu'un a une bonne méthode de guitare-basse à me conseiller, c'est le bon moment, ce par quoi j'aurai du commencer il y a quatre ans.