Anomalie Anonyme Anomique Anamorphose d'un amour analytique

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Fin [Fuite]

Explication : Pouvoir être (a1)/Je (a2)/Temps (a3). La seule manière de cloturer et de boucler définitivement ces figures est d'y mettre une fin. Il y aura sans doute des mécompréhensions de cette exploration alphabétique pour toutes les personnes, qui ne sont pas de la conversation des voix depuis le début de cette aventure sans matière. Quelques ajouts et corrections mais seulement à but correctif. Vive le mélange et la forme. Bienvenue en réelle anomalie anonyme anomique.

01:29 06/12/05

L'écharpée ·

Demain soir, j'ai acheté de la confiture à la mirabelle. Il n'y a pas à dire quand les choses vont selon les boussolles de nos valeurs. Tant qu'elles vont, et en ce moment elles le font (sauf quelques importantes s'approchant) et que l'on peut écouter le bruit des choses qui simplement vont vers leur fonte. Nous savons comme des oursins sur un circuit de poussins. Elles passent dans un vrombissement et font ce qu'elles ont à faire. Ceux qui pensent qu'on peut prendre appui sur le fond pour remonter sont des crétins si ils oublient les palliers. Tous ceux qui pensent vivrent dans une piscine et pouvoir se noyer dans un bassin municipale (ou même olympique) feraient mieux d'apprendre à nager.

Ce n'est pas si difficile de dire de belles paroles, il suffit de prendre le métro, il existe au moins une belle paire d'yeux par rame de métro. Voilà quelque chose qui devrait aider les gens à décrire.

Je ne sais pas où s'arrêtera cette envie d'enterrer les morsures toujours plus bas et chutent les corps qui apparaissent dans la fausse aux miettes.

Ce matin, je rajouterai du beurre sur mes tartines.

15:38 02/07/04

Question pathologique ·

Qu'est-ce qui se passe quand deux personnes souffrant du syndrome du "gentil docteur" se rencontrent ?

20:43 08/04/05

Dérive ·

Dans les souterrains parisiens, les gens ne sont que des trajectoires vers l'horizon d'un prochain siège.

17:51 09/01/06
16:11 17/06/04

La course à la signature sauvage ·

Quelque soit la noblesse de la cause, quelque soit l'urgence de la nécessité, quelque soit le caractère aussi symbolique que futile de l'acte, il ne faut jamais sous-estimer la rigidité de l'administration bureaucratique d'un établissement aux allures allant du chateau fort à la prison et donnant toutes les envies de rejouer un remaque soixante-huitard de la prise de la Bastille.

19:53 12/12/04

Paradoxe du nénuphar ·

Il y a ces choses qui se vivent mais qui ne se disent pas. Parmi ces choses, il y a les choses qu'on ne peut pas vivre si on ne les a pas dites.

11:25 13/07/04

BIA (Boulet in Action) #1 ·

Effacer tous les emails reçus (et non-lus) depuis 2 semaines: fait.

Oui, ceci n'est qu'un message subliminal pour dire aux gens qui auraient eu la malheureuse idée de m'envoyer un mail depuis environ deux semaines (la rupture de connexion est un événement trop traumatisant pour que je me souvienne de sa date exacte) de m'en renvoyer un. Même si je doute que mes 2.5 lecteurs quotidiens m'aient envoyé un email et que les gens succeptibles de m'envoyer des mails sont plutôt des gens qui ne consulteront jamais cette page.

14:43 05/02/06

Répondeur ·

Disons que vous êtes face à un texte raté. Mais que vous avez une chance de tout arranger. Vous essayez d'être plus clair. Ou plus profond. Ou plus éloquent. Ou plus excentrique. Vous tentez d'être fidèle à un monde. Vous voulez que le livre soit plus ample, plus personnel. Vous voulez vous sortir de vous-même, à la force du poignet. Vous voulez aussi sortir le livre de votre esprit embué. Tout comme la statue gît dans le bloc de marbre, le romant se trouve dans votre tête. Vous essayez de le libérer. Vous essayez de faire en sorte que ces pauvres lignes tracées sur la page soient plus proches de l'idée que vous avez de votre livre — ce que vous savez, dans dans vos élans d'exaltation, qu'il peut être. Vous lisez et relisez les phrases. Est-ce bien là le livre que je suis en train d'écrire ? C'est tout ?

Ou alors disons que tout va bien, parce que cela va parfois bien, de temps à autre (si ce n'était pas le cas, vous deviendriez fou). Vous êtes là, et même si vous écrivez très lentement oou que vous êtes très mauvais pour taper un texte, une piste de mots se déroule, et vous voulez continuer. Puis vous relisez. Vous n'osez peut-être pas être satisfait, mais en même temps vous aimez ce que vous avez écrit. Vous vous apercevez que vous prenez du plaisir — un plaisir de lecteur — à lire ce qui se trouve sur la page.

L'écriture est, pour finir, une série de permissions que vous vous donnez pour vous exprimer de telle ou telle manière. Pour inventer. Pour bondir. Pour voler. Pour tomber. Pour trouver votre façon personnelle de raconter et d'insister ; en fait pour trouver votre liberté intérieure. Pour être strict sans être trop sévère avec vous-même. Ne pas vous arrêter trop souvent pour relire. Vous permettre, lorsque vous osez penser que cela va bien (ou pas trop mal), simplement de continuer à ramer. Ne pas attendre la poussée de l'inspiration.

Susan Sontag, L'écriture comme lecture
12:19 27/06/04

Constat rétrospectif ·

C'est toujours plus facile de raconter sa vie quand sa vie consiste à raconter la vie des autres (voir de tous les autres).

16:56 03/08/04

Des arbres et des livres ·

Un bon bouquin de vacances est généralement un gros pavé qui doit prendre un maximum de temps possible à lire. Essentiellement pour éviter de transporter plus de livres que de vêtements quand on part pour une période dépassant la semaine; considération totalement utilitariste mais qui fait toute la différence au moment de faire les bagages. De ce point de vue là, Vacances Indiennes de W. Sutcliffe n'est pas une franche réussite. Il est lisible en journée ou moins. Vous le prenez le matin et vous le finissez en milieu d'après-midi pour peu que vous soyez seul dans votre bureau et avec une gestion personnalisable des pauses. Parallèlement un bouquin de vacances ne doit pas être chiant (sinon ça serait trop facile de faire un livre long à lire parce que chiant à lire) ou déprimant (sinon ça sert à rien de partir en vacances si ce n'est pas pour se relaxer un peu); des auteurs comme Dostoïevsky ou Joyce sont donc exclus d'office du palmarès des meilleurs bouquins de vacances. Le livre de Sutcliffe, par contre, de ce point de vue là s'en tire beaucoup mieux. Il est très drôle, très captivant, très facile à lire, très tout ce qu'on veut pour se détendre (de la même manière, un traité de philosophie ne peut pas concourir dans la catégorie bouquin de vacances). Les personnages sont attachants et pourtant très stéréotypés mais jouant un rôle prépondérant dans les situations comiques. Cela donnerait presque envie de partir en Inde ou de se foutre gentillement de la gueule des gens qui sont partis crapahuter à l'occidental façon touriste colonial ou routard anthropologue, voyageur de l'extrême et à la conquête de l'exotique et de l'Asie. Comme je ne me suis toujours pas améliorer en résumé de livre, je me contenterai de m'abstenir d'en rester là.

08:20 22/12/04

L'anormale ·

Sinon, toi, tu fais quoi dans la Vie ?

00:58 08/06/05

L'accord des on ·

Nous nous sommes dit que nous ne nous aimions plus. Je ne suis plus amoureuse comme toi ailleurs et autre part. Tu cherches dans un livre pour me dire que c'est normal même si tu aimerais que non. Il paraît que les sentiments sont indépendants de leur durée. Tu ne pars pas loin. Fais moi rire et arrête de te prendre pour un samuraï.

10:00 13/09/04

Bleuette ·

Mourir n'est pas la seule manière de vivre.

18:41 01/02/05

Cendre ·

Cette actrice qui ressemble à une fille, une connaissance, une pensée. Ses manières de faire et d'allumer. Les gens la regarde comme une spectatrice dans son infinie réalité infra-mondaine.

02:20 02/10/05

Vite ·

J'aime écrire un petite compte-rendu sur nos rendez-vous seulement quelques jours après les avoir vécu ou bien un peu avant. Nous nous sommes vu et dans un élan imperceptible j'ai failli te le dire mais ce quelque chose s'est interrompu au moment où nous nous sommes plu. Tu n'attendais peut être que cela pour ne pas laisser passer ton tour. J'ai toujours vécu dans la croyance que mon existence était voué à devenir l'incarnation de la patience mais il semblerait matériellement n'être qu'une incidation.

Aujourd'hui, mes sentiments sont un peu comme si moi aussi, je murmurais le prénom de Jennifer Charles sur la première piste de leur nouvel album que j'ai acheté en pensant à toi. C'est con le bonheur, surtout quand tout n'est que simulation, alors je fais semblant, dans la gesticulation la plus moqueuse, d'être de mauvaise humeur. Avant et après, pourtant, je siffle et je chantonne devant les passants. J'ai enfin réussi à boucler ces projets qui trainaient depuis bientôt plus de deux ans. La fin comme ça est arrivé, il suffisait de se concentrer un peu. Il me reste quelque chose de plus silencieux mais impossible de savoir si il y a médiation en dessous. Plus rien ne nous rapproche plus que le prochain pas car je ne l'ai pas dit mais les mouvements géographiques ne valent rien, strictement, en comparaison de l'incontinence de nos affleurements (effacement/continents). Quelque part, je culpabilise de provoquer ce sentiment automnal alors que j'attend l'hiver.