Anomalie Anonyme Anomique Anamorphose d'un amour analytique

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Fin [Fuite]

Explication : Pouvoir être (a1)/Je (a2)/Temps (a3). La seule manière de cloturer et de boucler définitivement ces figures est d'y mettre une fin. Il y aura sans doute des mécompréhensions de cette exploration alphabétique pour toutes les personnes, qui ne sont pas de la conversation des voix depuis le début de cette aventure sans matière. Quelques ajouts et corrections mais seulement à but correctif. Vive le mélange et la forme. Bienvenue en réelle anomalie anonyme anomique.

09:49 29/10/05

Somme veille ·

Quelques embrouilles en plus, ce matin, je ne l'appelle pas. Une voix mal réveillée me répond péniblement parce que décidemment, il fait assez tôt en ce début d'après-midi. « Heureusement que tu n'as pas commencé à lire Derrida, parce que je peux te le dire tout de suite : il n'y a pas de corps/texte. Tu ne comprendras pas. » Encore que j'ai déjà oubié la texture corporelle. Je ne lis pas encore, pas tout de suite, il faut que je me prépare au test. Et puis quoi encore ? J'oublie des fois. Le combiné repose sous ta main mal reveillée. Tu est un mensonge. Je te demande seulement de ne pas y croire.

17:37 29/07/04

Nuage lourd ·

Vous. Je crois que dans tout processus d'écriture à un moment donné ou un autre, on commencer à s'interroger à propos des personnes à qui on s'adresse. Je dis donc vous alors qu'il s'agit certainement plus d'un petit groupe de tu voletant au gré des courants d'air. Ou alors c'est seulement ma dernière tentative avortée de problématisation ("Stratégie culturelle: publics ou spectateurs ?") qui me poussent à nouveau à généraliser mes essais de généralisations sociologiques. D'ailleurs, je crois que je a la même valeur que ce vous. Contrairement, n'ayons pas peur de la pédanterie, aux publications scientifiques, écrire des choses personnelles, subjectives ou même seulement individuels demande bien plus de recul que son contraire, une écriture plus centré sur un objet précis dont tout le monde s'attend à un discours le concernant. Pour me faciliter la vie, je m'écris à moi-même en imaginant que vous êtes comme je parce que contrairement à un je qui s'adresse à un vous ciblé, j'ai envie de dire toutes ces choses qui me passent par la tête plutôt que toutes ces choses qui doivent vous passer la tête.

08:43 24/05/05

Mes mots ·

Je me souviens de tout ou de tous. Pourtant je ne veux pas parce qu'il y a une trouille monstre de comprendre, mal, et d'interpréter, trop. Je me soumet totalement à la lâcheté habituelle de laisser aux autres de décider de la réalité. Je fais très bien l'acteur dans le rôle de la personne qui se donne à savoir. Je ne sais plus depuis combien de temps, j'ai regardé autre chose qu'un plat fond. Je ne sais plus lire les nues sages.

07:56 10/09/05

Kalistère ·

Voyons voir pourquoi je me suis réveillée aussi tôt aujourd'hui. Je devais sans avoir quelque chose à faire mais quoi, le souvenir a été enlevé alors que je me réveille. Peut-être n'était-ce qu'un rêve. Pour atteindre un semblant d'éveil, il faudrait sûrement que j'oublie la veille mais ça ne risque pas d'arriver avant que je ne devienne vieille. Tout ce qui s'éveille à mon esprit en ce moment est que le six, quelqu'un m'a dit qu'il n'en restait plus que dix et maintenant qu'on est le dix, il n'en reste plus que six. Il voulait me réveler quelque chose ou bien seulement élever un peu le statut de sa vestale ou bien lessiver sa veste sale.

22:41 31/10/04

Vite ·

D'abord sachez le : Lundi férié ou non, les forces supérieurs du Dimanche feront toujours pression sur les tendances dépressives propre au jour du Seigneur qui du coup n'a certainement pas le temps de s'occuper à ce que la Terre tourne aussi rond que possible. De plus, rapport à la lune et autres lois de l'univers, il est scientifiquement prouvé que cette Terre ne tourne définitivement pas tout à fait en rond.

Puis, laissez-moi dire que Urgences, ça devient franchement vraiment n'importe quoi. Entre les morts, les départs et les trucs qui n'arrivent que de l'autre côté de l'Atlantique : Accident d'hélicoptère sur un hôpital, un type qui détourne un tank et Santa Barbara ou bien Dawson mais je laisse le soin aux historiens de trancher la question.

Enfin, coutûme annuelle, certaines branches éloignées de la Famille me font goûter les joies d'une sphère sociale que je n'atteindrais certainement jamais à moins de devenir très rapidement intelligent, mettre de côté toutes mes considérations éthiques et trainer dans les bons salons, ceux du genre qui ne servent pas de chambre. Des salons qui font la taille de l'étage où j'habite et qui valent à la journée une somme si indécente qu'on ne le dit pas. Je ne partage plus ma vie avec une personne anglophone et chaque discussion me rappelle que je parle moins bien anglais que le dernier des bouseux du plus illettré des états américains. Le problème, c'est que ça ne me fait même pas envie tant de débauche, j'imagine que cela est en partie dû au fait que malgré toutes les stratégies rationnelles qui sont factuellement à ma disposition ou bien parce que vraiment, je ne me vois vraiment pas vivre Ça à plein temps et faire comme si c'était normal, comme si la valeur d'un verre de vin ne dépassait pas mes frais de bouche hebdomadaires. Je n'arrive même pas à culpabiliser de ne faire les courses que dans le super marché en bas de chez moi, de laver le linge moi même et dans une machine qui n'est pas la mienne, de ne pas être dans un restau, rempli d'américains plus vrais que nature - vieille blonde clichée accompagnée de cheveux grisonneux avec le même faciès que W. - et où l'on se demande si les prix ne seraient pas par hasard rester coincé en francs, à la place de quoi je discute d'Urgences et je finis de rédiger un projet de recherche. Si j'étais riche, je n'aurais certainement pas le même projet de vie et je m'en fous un peu de cette hypothèse à la con à moins biensûr si cela pouvait m'aider à accéder à la propriété et mettre un terme à l'angoisse des fins de mois alors pourquoi pas après tout. Il ne me reste plus qu'à lire Voyage en grande bourgoisie avant l'année prochaine.

13:44 23/08/04

Théorie analogique ·

Les marques et leurs critiques, c'est comme les relations sexuelles pour les catho.

16:26 09/03/06

Esprit es-tu là ? ·

Ce texte s'adresse avant tout à ceux de mes compagnons qui livrent actuellement des combats d'hiver. Dans l'ancienne saison, l'apparition a chaque parole pour chaque mouvement extérieur si peu nuisible mais trop souvent nocturne. Il ne fait plus trop froid en ce moment, il y a surtout une atmosphère liquide, notre disparition n'est pas une absence véritable mais plutôt un passage à l'évaporation. Entre les limbes, les drap-peaux et les civières voudraient être là dans chaque champ en plein tiraillement. A l'envers des tracts, des manifestes, des articles et autres poèmes, il faut sortir les ancres pour mieux essayer. La cure et les courants d'air ne peuvent prendre que la forme d'un parapluie, que revêtir les sombres apparences pour être vu bien. Le matin là, de bonne heure, la plume anticipe la fin d'un monde, ce qui laisse supposer qu'elle était là bien avant le réveil. Avant cela, il faut écrire toutes choses qui ne seront jamais lu parce qu'il existe ces vérités qui ne doivent être que jeter à la poubelle et ne pas être envoyées à la figure, surtout cette incorrigible soif de signes. Juste le temps de prendre formes et pensées pour apporter provisions et nourritures, pour n'être rien d'autre que cette apparition dans un amphithéâtre évidé par le passage au jour. Le moins sûr, ce sont ces images sur cette pellicule brûlée, je ne sais comment venir dans le passé, sans te retenir, rien de moins incertain que le temps, de surveiller chaque énoncé, je voudrais vous sauvegarder des pourriture du langage. Vestige ou vestale, si vous pouviez attendre des ciels plus bleu, il n'y aurait plus de place pour les pigeons voyageurs. La surveillance technologique pourra croître autant qu'elle veut elle ne trouvera comme seul fin que le voile, l'erreur technique de l'identification. L'habile spectre de ces mots qui font l'environnement ne sont rien de plus que cet étrange monde qui apparaît lorsque les regards s'entretiennent sans s'éteindre. Et si les courants d'air sont, rien d'autre ne lie dans la trame et le tissage de nos nouvelles habitudes. C'était absurde de croire que les maux se cachent pour mourrir. Autant dire que les langages de l'arrière-garde sont définitivement en trop et qu'il n'y a rien à en faire de jolis manteaux de fourrure que l'on se prêtera à l'occasion.

Esprit que fais-tu là ?

01:04 10/08/04

Tue la théorie ·

Pour une cohorte de pseudo-matheux qui sont passés du côté ingnobe du pouvoir, collectionner et visionner des biographies documentaires et télévisuelles de John Nash, c'est un peu comme un apprenti archéologue qui regarderait Indiana Jones ou bien les fans de tuning entrain de fantasmer sur les pots d'échappement de Fast and Furious. Il s'agit là du problème du modèle ayant règne dans le domaine de la plus pure utopie car il faut savoir que le théorème de Nash est Utile dans la Vraie Vie. Chose tellement incroyable en mathématiques que cela vaut un prix nobel.

Résumé rapide pour ceux qui s'en foutent royalement ou ceux qui n'ont rien compris aux cours de théorie des jeux. Grosso-modo, quand deux joueurs qui ne sont pas dans un duel (les gains de l'un sont les pertes de l'autre) et qui ont plusieurs stratégies à leurs dispositions, il y a un couple de stratégies qui maximisent les gains de l'un tout en minimisant le manque à gagner du second. Si les deux joueurs décident de jouer l'une de ces stratégies (pures), il y a logiquement un avantage injuste pour l'un des deux. Le segment formé par ces deux points est ce que l'on appelle l'optimum de Pareto (ensemble des points où les gains sont, par espérance mathématique, maximum pour les deux joueurs). Sur ce segment vient ensuite de poser la parabole (d'équilibre) de Nash dont le point d'intersection est le point unique qui permet une répartition équitable des gains. Donc voilà, c'est un moyen de permettre à tous les participants d'un jeu d'être gagnant. Pour une vraie démonstration, il faut demander à un vrai prof' d'économie ou de théorie des jeux (c'est plus ou moins la même espèce) dont la taille de la goutte de sueur qui perlera sur son front suite à l'évocation trop soudaine d'un théorème aussi effroyable est strictement proportionnelle à l'incompréhension de la résolution géniale elle-même du problème. Rarement, on peut assister à un tel regard dépourvu d'espoir.

Comme tous les grands penseurs, Wittgenstein mon nouveau héros par exemple, qui ont eu un éclair de compréhension de la réalité, suite à une fréquention malsaine des mathématiques et de la perception logique de la réalité, en voulant dire les choses telles qu'elles sont vraiment et non pas autrement car, alors, elles deviendraient fausses, il est parti un peu loin des normes convenues comme étant le comportement moyen ne révélant pas un désordre mental. La découverte de l'équilibre ludique parfait dans un esprit assez déséquilibré en quelques sortes.

Alors moi je me dis, putain de Dieu, que le fait de ne pas être un sociopathe fini qui ne sait plus faire la différence entre l'absolue réalité et la fiction me sauvegarde, par bénediction, de toute tentative de croire avoir du talent ou de nourrir un quelconque espoir de faire quelque chose qui puisse un jour servir l'Humanité. Etant résolument équilibré, je préfère donc partir à la conquête de la démonstration fondamentale de l'inéquilibre nécessaire de l'univers.

quel magnifique reportage sur nash

18:52 26/10/04

Terne ·

Il y a des jours comme ça où on a juste envie d'interrompre la personne en face de soi, lancée dans une tirade sur la construction de l'identité, pour crier "Pourquoi moi ?".

19:57 15/10/04

Abimer ·

Cela commence par l'histoire de quelqu'un qui commence à faire des études de mathématiques parce qu'il y a une notion de beau dans les infinis d'Escher.

Cela finit par l'histoire de cette même personne, qui par mirroirs interposés*, rédige (ou tente de le faire) un projet d'étude sur l'écriture personnelle.

Prochaine étape, trouver quelque chose qui ne me rappelle pas qu'il y a quelque chose de fondamentalement étrange dans le déroulement de ma vie comme cette impression actuelle d'être de manière persistante en transition quantique vers une quantité improbable d'états incertains.

*: Référence, obscure et pouvant être mal interprétée, à "Reproduction Interdite" de R. Magritte en couverture de L'homme pluriel de B. Lahire.

16:43 10/06/04

MTV #3 ·

Il existe encore des clips musicaux de jeunes ne mettant pas en scène des femmes aux formes très sexuées et tout autant dénudées ?

Pour répondre à cette question, vous aurez le droit de vous appuyer sur les discussions entre vérificationisme et falsificationisme pour étayer votre argumentation.

11:52 04/06/05

Gravure ·

Printemps, été, pluie, verre de lait, fruit des bois et autres rondeurs. J'ai eu envie de t'embrasser, je t'ai fait mon numéro mais apparement tu n'as pas eu envie de frapper mes lueurs.

Moi, tu ne le sais pas. Je t'en veux dès que je pense à toi et à toutes les différences qui me font dire que vous êtes finalement très loin.

16:05 05/11/05

Elle est un chat ·

Il y a des livres qu'on devrait feuilleter avant de les acheter et ne pas seulement se fier au titre et à la quatrième de couverture sauf si on cache un passé de sniper de la déconstruction. J'ai donc lu en entier "La logique des passions" de R. Gori (en deux fois parce que c'était quand même assez lourdingue).

"Comment rendre intelligibles les états passionnels a priori irrationnels ?" [Quatrième de couverture] La méthode utilisée par Gori pour répondre à cette question est de puiser dans son expérience de psychanalyste et de psychopathologiste. Il faut comprendre par cela à grand renfort d'histoire de la psychanalyse. Les deux grands axes discursifs sont donc théoriques (Freud et surtout Lacan — parcours amour-haine-oubli) et historique (le rapport problématique analyste/analysant(e) chez Ferenczi et Jung. The Soul Keeper, sorti en 2002, est le dernier film en date traitant de la relation entre Carl G. Jung et Sabina Spielrein). A moins donc de parler le dialecte autochtone le texte devient très vite crypté, ce qui peut parfois être drôle, et la logique pas très compréhensible. La réponse de Gori a la question "Y a-t-il une logique des passions amoureuses ?" [Quatrième de couverture] est donc positive et sa solution est le langage des psychanalystes. Logique curieuse qui fait que la meilleure voie pour comprendre la "rationalité" des passions est de prendre le cas du rapport analyste/analysant-e.

Cela pose, en fait, l'éternel problème de savoir si il faut être César pour comprendre César. Dans ce cas manifestement, la réponse est non mais aucune aide n'est donnée pour rendre cette réponse effective. Si "l'étude de l'état passionnel par la psychanalyse permet de saisir l'essence de l'amour fou ou le sens des déchirures que s'infligent les amants, ou encore la détresse de l'homme éconduit" [Quatrième de couverture, l'emphase est un rajout], est-ce qu'il faut aussi en parler par la psychanalyse et uniquement dans son langage ?

L'ouvrage fournit pourtant des pistes intéressantes quand il ne donne pas l'impression de ne faire que répondre aux questions sur le mode "Ce que les théories de Freud et Lacan aurait dit de la passion amoureuse" saupoudré de quelques cas qui font plus figure d'exemple à la théorie (sans vraiment expliquer le rapport entre les deux) plutôt que comme matériaux empiriques. Car il est clair que l'approche par le langage mène Gori sur une "réflexion inédite". L'un des symptômes de la passion (qui n'est apparemment qu'amoureuse chez Gori) est analogue au fétichisme. La passion se reflète par une paranoïa du langage, un repli pathologique dans une "quête effrénée des indices et des signes d'une trahison ou d'un aveu" [p. 212]. C'est dans et par le langage que la passion s'exprime ou plus précisément dans le décalage entre le langage conscient et le monde possible du "moment même où le savoir inconscient s'impose comme incontournable, affirme massivement son existence et son irréductibilité" [p. 224]. De cette configuration, la souffrance dû à la passion est comparable à celle de l'érotomane qui "témoigne en martyr de cette distinction du dit et du dire" [p. 252]. Il faut tout se dire pour tout savoir et ne jamais renoncer aux soupçons que chez l'autre se cache une poussée indicible, un état inavouable qu'il faut par tous les moyens découvrir. Dans l'infrastructure psychologique décrite par la théorie freudo-lacanienne, la passion trouve sa résolution dans la perte (l'enfant mort-né) de l'illusion qui coïncide possiblement avec la découverte du réel ou autrement dans la folie.

Une fois décrypté, on commence à mieux comprendre la logique psychanalytique des passions mais je trouve que la narration est un peu lourde à telle point que je me suis demandé si il n'aurait pas fallu le "aussi" par un "surtout" ou "que" quand l'ouvrage "éclaire aussi le fétichisme particulier lié à la relation passionnelle" [Quatrième de couverture, emphase par bibi]. Comme le laissait entendre la mise au pluriel du mot "passion" dans le titre, on aurait pu s'attendre à une ouverture sur la pluralité des passions et de ses modes de compréhension plutôt que de se focaliser sur un seul type de passion décrit selon un schéma très (trop ?) détaillé mais unique.

20:18 21/03/05

Dostoïevski et les blogs ·

Faut-il être croyant pour vivre un miracle ? Nous avons une bonne nouvelle pour celles et ceux qui étaient inquiets pour l'un des sujets laissés à l'abandon depuis quelques temps.

Suite

15:38 02/07/04

Question pathologique ·

Qu'est-ce qui se passe quand deux personnes souffrant du syndrome du "gentil docteur" se rencontrent ?