A mon dictaphone ·
Jour 4: le sujet d'observation recommence à parler à une personne qui n'existe pas.
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Explication : Pouvoir être (a1)/Je (a2)/Temps (a3). La seule manière de cloturer et de boucler définitivement ces figures est d'y mettre une fin. Il y aura sans doute des mécompréhensions de cette exploration alphabétique pour toutes les personnes, qui ne sont pas de la conversation des voix depuis le début de cette aventure sans matière. Quelques ajouts et corrections mais seulement à but correctif. Vive le mélange et la forme. Bienvenue en réelle anomalie anonyme anomique.
Jour 4: le sujet d'observation recommence à parler à une personne qui n'existe pas.
Donne moi un voeu et je choisirais de refaire ma vie pour dire "rendez-vous à Camden !".
J'entends la voix diluée des anges sans âmes qui se dandinent platement pour les excuses de l'électronicité. La désaffection de mon affection m'inflige l'infection de ma figuration. Moi aussi, je souffle comme je peux à la recherche de l'étrange mémoire des notes.
L'incertitude des temps bavardés.
L'indénombrabilité de ces cadavres littéraires.
L'indicibilité des papiers mal écrits.
L'indémontrabilité de la raison.
L'incommensurabilité des portes mal fermées.
L'incompréhension de la couleur des yeux.
L'impossibilité de nos échanges.
Montre-moi ta bibliothèque, je te dirai-s si je t'aime.
Quand se taire fournit toutes les bonnes raisons d'en vouloir à l'autre.
Expliquer la mécanique des fluides à un crétin de son calibre n'est évidemment pas une tâche aisée. Tu es la putain d'atmosphère, la compression de l'air qui me fait devenir le courant d'air d'une vie. Tu es la force invisible qui me transforme en nuage puis en tempête, la terrible bourrasque déchaînée qui souffle face à l'immonde parfum de solitude que tu prétends ne pas être. Je ne suis pas ton étrange illusion, l'impassible expression d'un désir, l'indéfinissable lieu où je peux être la fille à la barette et aux deux chignons.
J'aime écrire un petite compte-rendu sur nos rendez-vous seulement quelques jours après les avoir vécu ou bien un peu avant. Nous nous sommes vu et dans un élan imperceptible j'ai failli te le dire mais ce quelque chose s'est interrompu au moment où nous nous sommes plu. Tu n'attendais peut être que cela pour ne pas laisser passer ton tour. J'ai toujours vécu dans la croyance que mon existence était voué à devenir l'incarnation de la patience mais il semblerait matériellement n'être qu'une incidation.
Aujourd'hui, mes sentiments sont un peu comme si moi aussi, je murmurais le prénom de Jennifer Charles sur la première piste de leur nouvel album que j'ai acheté en pensant à toi. C'est con le bonheur, surtout quand tout n'est que simulation, alors je fais semblant, dans la gesticulation la plus moqueuse, d'être de mauvaise humeur. Avant et après, pourtant, je siffle et je chantonne devant les passants. J'ai enfin réussi à boucler ces projets qui trainaient depuis bientôt plus de deux ans. La fin comme ça est arrivé, il suffisait de se concentrer un peu. Il me reste quelque chose de plus silencieux mais impossible de savoir si il y a médiation en dessous. Plus rien ne nous rapproche plus que le prochain pas car je ne l'ai pas dit mais les mouvements géographiques ne valent rien, strictement, en comparaison de l'incontinence de nos affleurements (effacement/continents). Quelque part, je culpabilise de provoquer ce sentiment automnal alors que j'attend l'hiver.
Derrière ce dos ce cache la répétition d'un glissement régulier du passé vers le présent. Cette situation est peut être une métaphore : il y a un temps où je ne voyais pas un dos mais un visage et un regard inquisiteur. Puis vint le temps des promesses et depuis, je reste bloqué par une peur panique dès que je vois ce contour si familier que j'ai su reconnaitre sans hésiter un dimanche après-midi. Peut-être y avait-il trop d'indice mais en tout cas de voir cette présence là à quelques sièges alors que j'avais cru l'apercevoir dans les rues. Soit directement soit un souvenir de cette période. J'ai cherché vaguement des traces, des pistes sur la toile pleins de mots mais sans ton nom. Second tirage, il ne faut jamais tenter le hasard quand on cherche l'improbable. Toujours dans l'incapacité de faire ce dernier pas même si je ne souviens pas de l'avant-dernier précédent cet interminable silence. A la fin, il ne reste donc plus que ce fantasme narcissique, parfois psychotique aux alentours du quartier latin : même si ce n'est maintenant que je suis torturé par tout ce que tu étais sans le dire à travers une histoire continue et les chuchotements au fond d'une salle adolescente, je ne sais plus qui tu es. Il ne faut peut être pas tenter le chaos une fois de plus à savoir si cette absence est un accident ou une bénédiction, si c'est le moment d'arrêter de se perdre de vue ou si cette retenue des dés n'abolira pas nos parcours solitaires sans rencontre. Combien de fois n'as-tu pas pris cette décision ?
Personne ne m'a appris à penser. Personne n'a pris mes pensées. Je n'ai été épris de tes pans séants.
Souvent, quand je quitte mon heureux territoire, je suis pris d'une immense peur d'avoir mal fermé la porte, d'avoir laissé ouvert l'entrée au royaume de mon existence en location. Je suis effrayé à l'idée que quelqu'un s'introduise dans cet intérieur à un moment où absent, je ne pourrais recevoir.
Sentiment totalement idiot parce que le plus souvent, je ne fais que rester coincer en dehors de l'espace.
Comme Hél-ème, j'exécute un étirement dos-rond très félin mais je crois que tout cela me ramène à ma condition de chien.
Qui ne pourrait prendre du plaisir à la pensée d'un monde dans lequel l'intrusion n'est pas une menace, la perfection pas un idéal, la nostalgie pas une obligation ?
Susan Sontag, Le plaisir de l'image
Grâce aux joies du cable, j'ai pû de nouveau regarder MTV (ce qui n'avait pas eu lieu depuis un long moment appeller adolescence). Je viens juste de comprendre que les Black Eyed Peas ne seraient certainement pas ce qu'ils sont sans leur nouvelle chanteuse Stacey Ferguson et que Kyo ne font que s'enfoncer dans le lamentable avec le coup de la chanson "quand j'étais jeune, j'étais persécuté et les autres étaient des moutons, j'ai traversé les épreuves de la vie et regardez je suis célèbre. Courage les petits, continuez d'acheter nos disques !" et souriez, ceci est une victoire de la musique (sur l'originalité).
Ok. Deuxième jour et déjà entrain de casser du sucre sur Kyo alors que j'avais réussi à me retenir pendant l'enquête sur la musique chez les jeunes.