Chemin ·
Maintenant que les fêtes sont finies, je vais peut être avoir l'impression de ne pas passer trop de temps chez moi et sortir la nouveauté.
Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche
Explication : Pouvoir être (a1)/Je (a2)/Temps (a3). La seule manière de cloturer et de boucler définitivement ces figures est d'y mettre une fin. Il y aura sans doute des mécompréhensions de cette exploration alphabétique pour toutes les personnes, qui ne sont pas de la conversation des voix depuis le début de cette aventure sans matière. Quelques ajouts et corrections mais seulement à but correctif. Vive le mélange et la forme. Bienvenue en réelle anomalie anonyme anomique.
Maintenant que les fêtes sont finies, je vais peut être avoir l'impression de ne pas passer trop de temps chez moi et sortir la nouveauté.
J'ai le mal de crâne de ces années que l'on comprend trop bien lorsque tôt le matin, l'on est allongé sur les marches d'un escalier en marbre, avec le parfum d'une odeur de cendres et une personne gémissant parce que ses vêtements trop grands ne sont pas les siens.
Tous les matins, je m'écris la même phrase sur le bras par peur de l'oublier. Elle me dit que je suis un peu maniaque, ma seule réponse est qu'il ne s'agit que d'une obsession passagère, que tout ira moins bien demain. J'ai une idée, elle ne disparaîtra pas tant que je l'aurai sur le bras.
Trop de choses dans le bide qui me font mal. Trop choses dans la tête qui me font voir des mirages et un mal de crâne qui ne s'arrêtera donc jamais. L'Autre me dit que je mange trop de sucres et l'autre Autre me disait que je devrais respecter "ta plume et ta pensée: car elles le méritent". Ingratitude incarnée sans conséquence, je sais que je ne mérite rien de cela, pas plus qu'elles ne me méritent. Ces mots me donnent envie de hurler et de fuir, ce que je fais de mieux au fond. Si ce n'est le seul geste que j'exécute à la perfection. A force de chercher les bonnes raisons, on devient tout de suite plus doué pour trouver les fausses excuses. Le mérite me fait enrager. On ne mérite jamais ce qui arrive, on mérite trop souvent ce qui ne devait pas arriver. Je pourrais certainement retourner Là et raconter comment je brûle mes plumes par souvenir du bon vieux temps. Un soupir s'inquiète pour cette voix. On ne mérite pas une situation, une relation. Il y aucun mérite à vivre pas plus qu'à mourir. On ne mérite pas plus une vie paisible qu'une vie sur-active. Il est idiot de penser que l'on mérite d'aimer tant les sentiments sont parfois doués de raisons. Se sentir mérité, se sentir aimé. Le mérite est plein d'existences. J'ai envie de crier à tous qu'il n'y a rien de glorieux à mériter autrui, que dès qu'il faut se battre alors le combat est perdu d'avance. Comme si la vie ne suffisait pas. Mal. Je ne veux pas mériter. C'est encore une fois totalement congruent avec le symbolisme du dépôt des armes.
Il faut que j'arrête l'eau du robinet.
Elle est arrivée à l'âge de la monocause.
quand les choses se cassent.
Assis dans le noir, lumières éteintes, il se lance de nouveaux dans de grandes questions existentielles dans le plus pur style de celle qu'il déteste écouter à longueur de journées, dont il ne cesse de condamner la nature mécanique. Il a bien réfléchi à la question de l'existentialisme justement et cette quête n'est plus pour lui. En se réveillant ce matin, il a pris exactement cette décision, parce qu'il venait de réaliser qu'il manquait de courage pour prétendre à l'existence, de force pour chasser l'illusion de celle des autres. Autres qui ont abandonné sans s'en rendre compte. Il sacrifiera son aventure dans un dernier spectacle, sa mort, celle de son existence, l'histoire, la sienne. Il aura au moins ce mérite. Il ne sera plus le héros, il ne peut pas l'être, il passera au second plan. Personnage auxiliaire, il lui faut un personnage à aider, à seconder, à pousser, à entretenir l'existence vers un but ultime, final. Nouvelle quête. L'écran s'éteint de nouveau.
Lolita Pille : Je m'attaque à la littérature. Mais j'ai une esthétique qui, effectivement, n'est pas académique, alors que je suis très académique dans mes références personnelles, dans ce que j'aime et ce que j'admire. Il faut partir du principe que mon travail reflète plus ou moins une époque, autant dans sa forme que dans son ton.
Chloé Delaume : Ouais mais il faut bien que les deux fassent corps ! Moi je n'ai aucun problème sur les sujets choisis. Les propos tenus, les histoires, je m'en fous complètement. Même si je suis plus attirée par des situations intimistes que par des romans néo-réalistes.
Technikart : Tu parles du roman « sociologisant » à la « 99 Francs » ?
CD : Oui, parce qu'on a heureusement des cas, dans la littérature contemporaine, de littérature plus exigeante. On peut aller au fin fond et prendre Nathalie Quintane. Même si c'est de la poésie, ça traite d'un rapport politique au monde et au quotidien. La forme de dénonciation qu'il peut y avoir sous une consignation de réalité sociologique peut absolument être faite avec une stylistique adaptée. Moi, ce qui me dérange dans les romans comme ça, c'est l'absence de voix propre, singulière.
LP : Moi je considère que j'ai une voix singulière et propre.
CD : Oh non ! Là, là, toi, tu triches.
LP : Dans ce que j'écris, il y a une musique, un rythme, un style. Peut-être que je suis la seule à l'entendre ou que certaines personnes ne l'entendent pas. Mais j'aime mélanger un langage relativement soutenu, académique, classique, avec des anglicismes, des tics de langages très actuels, de l'argot.
CD : Ca, c'est le propre de la littérature contemporaine.
LP : Oui, et c'est à ça que j'adhère. Maintenant je considère que je le fais à ma façon. Et qu'on ne peut nier… Enfin, je peux frapper sur la tête des gens avec un marteau quand ils considèrent que ce n'est pas écrit. Si. C'est écrit.
CD : Ce n'est pas une question d'« écrit » ou « pas écrit ». C'est vraiment une question de langue. Moi, j'ai lu tes deux livres. Et il y a vraiment des endroits où c'est le blind test : même un paragraphe pris dans les meilleurs moments délirants, ça pourrait être écrit par plein d'autres gens. Et ce n'est pas logique qu'il n'y ait pas de voix propre par rapport à une littérature qui est souvent très masculine. Je trouve ça vain. Ca n'apporte pas de laboratoire, pas de pistes…
Technikart n°80
post-SYNCHRO est un projet présenté sous la forme d'un concours. Le principe est d'attribuer des articles anonymes à des auteurs susceptibles de les avoir écrits.
post-Synchro
Ne plus écrire n'entraine pas une perte soudaine de la grammaire mais comme en fait je n'arrête pas vraiment mais que j'ai autre chose à faire je m'exerce à la double conjugaison. C'est un peu compliqué au début mais c'est une question de passion. Ce n'est pas comme si je n'avais pas d'autres choix à faire. Surtout qu'il y a des épreuves qui me font mentir. Winter Trees de S. Plath posé innocement sur le dessus de ma pile de livres à lire avant la vraie rentrée.
Back to back. I hear an owl cry
From its cold indigo
Intolerable vowels enter my heart.
Là tout de suite, lorsque je m'y essaie, je bégaie, ma langue trébuche sur la tienne et, c'est sûr, les embuches saveur mangue balaient toutes mes tentatives pour ne pas avoir peur de tes futures angelures. Alors, je suis quand même plein d'admiration pour Abdelkader sur son estrade. Une grande partie de ma vie me donne l'envie de crier à la vengeance contre mon passé de cancre notoire et notable en littérature. Rien de perdure et surtout pas ma mémoire. Avant je ne me souvenais pas de grand chose parce que j'avais déjà autre chose à faire (être une tortue ninja, faire la course au tour du lotissement, construire une cabane secrète) alors aujourd'hui je savoure ces petites pauses parce que personne n'écoute mes tirades.
Alors comme je ne fais pas trop d'efforts pour manger le sirop de la pomme, tout se venge. Sous en entendu, je préfère lire Rimbaud.
J'inventai la couleur des voyelles ! — A noir, E blanc, I rouge, O bleu, U vert.— Je réglai la forme et le mouvement de chaque consonne, et, avec des rythmes instinctifs, je me flattai d'inventer un verbe poétique accessible, un jour ou l'autre, à tous les sens. Je réservais la traduction.
Ce fut d'abord une étude. J'écrivais des silences, des nuits, je notais l'inexprimable. Je fixais des vertiges.
Voilà pour régler la question des dimensions, il vaut mieux en passer par l'essence. D'autant plus quand les mots se passent d'être vieux.
Aujourd'hui, je ne suis personne dans la rue, un peu exténué par le boulot. En sortant du réseau sous-terrain, j'ai croisé cette autre personne avec qui j'aime bien discuter, elle m'a dit que personne avait eu quelques problèmes personnels lors de son dernier voyage. De mon côté, l'autre soir j'ai rencontré une autre personne avec qui j'ai bu un peu trop de vin. J'ai vu tel film, j'ai bien aimé parce qu'il y a une véritable rigueur dans l'application d'un décalage. La vision, c'est le centre de la tangente. J'ai lu tel livre, il y a un effort sur le style mais ça sonne encore vraiment trop l'exportation. La conjugaison, c'est la fin de l'être. J'ai entendu la dernière nouvelle qui n'est en fait que la particule alimentaire du déroulement mécanique d'une société sur la déparmentale qui mène vers la montagne où elle glissera sur une pente bien trop raide pour son niveau intellectuel. J'ai envie de jouer et d'étendre mon territoire personnel. Mais étant donné que je ne suis pas vraiment l'humeur qui se lance dans ce genre de conversion, je lui ai dit de m'en reparler à la prochaine rencontre parce qu'il faut que je file voir la personne pour qui je suis personne, il faudrait montrer un lien vers la seconde si j'avais la minutie nécessaire pour rendre ce texte vraiment personnalisable puis je sortirais aussi le percolateur. Je ferais de cette relation une information. Rien ne se passe, le texte reste uniforme sans expansion. La réalité sans extension, seulement la réalité sans l'excitation des tension, pas d'hyper-marchandage verbal, toute la détention d'une image. Je me répète un peu là, il me semble bien avoir déjà tout ça, mais c'est ce qui est attristant lorsque qu'on se prend soi-même comme information, lorsqu'il n'y a plus rien d'autre que l'intérêt cognitif dans l'équation de l'identité. J'ai même dans l'envie de dire que toute la laideur de l'étalage n'est pas une question d'inflation de quelques petites briques, bien trop carrées pour être enjouées mais de la superstition du culte du préfixe de l'information sur la personne.
Il y a ces mots, ces phrases qui se retournent dans mon cerveau. Ca me vrille bien plus la tête que l'eau du robinet. Ne sachant pas quoi en faire, je les dis, je les soupire, je les écris, les chantent sur ... New resolution d'Azure Ray ... ah non. L'avant dernier couplet de It's you du dernier de Polly Jean. Exactement ça mais seulement pour l'air et la manière de chanter parce que les paroles de ma chanson ne sont, vraisemblablement, pas very dark. Peut-être qu'il serait temps de renouveler un peu la playlist. Il y a toujours ces sons sur le bout de la langue et qu'ils restent bien accrochés les salauds. Comme un mot oublié dont on aurait plus le souvenirs de pourquoi on recherchait ce mot.
Maintenant que JLR arrête Mediatic, je me demande si les successeurs vont avoir la bonne idée de refaire le site vers quelque chose de plus lisible ou moins indigeste. Par exemple, faire en sorte qu'il y est plus de contenu dans partie principale que dans la colonne de droite qui a pris des proportions vraiment démentielles (avec des informations bien inutiles). Ca commence à devenir un peu vieillot comme présentation quand même.
Dans le même style, en ce moment, j'aime bien flâner sur un blog par jour entre deux pauses. Je tombe sur un blog qui n'aime pas les dimanches et qui parle de liquide vaisselle anti-stress. C'est étrange comme idée quand même. J'ai une manie étrange, quand je suis en état de stress, j'aime bien faire le ménage et la vaisselle. Autant dire qu'habituellement, c'est un peu cradingue mais qu'en ce moment, la Société Protectrice de la Poussière et de la Graisse sur les Assiettes vient de m'assigner en justice pour violences aggravées et génocides sur populations innocentes.
Tu ne te souviens pas, malgré ce que tu aurais pu dire, de ce jour. Nous nous courrions après sans le savoir parce que j'avais un casque sur la tête et toi rien dans le crâne. Par moments, je rêve encore de ces moments où tu n'avais pas encore trouvé ta tendre pelotte de laine à dénouer alors que moi je tentais vainement de nouer la haine qui allait nous pendre.
Effacer tous les emails reçus (et non-lus) depuis 2 semaines: fait.
Oui, ceci n'est qu'un message subliminal pour dire aux gens qui auraient eu la malheureuse idée de m'envoyer un mail depuis environ deux semaines (la rupture de connexion est un événement trop traumatisant pour que je me souvienne de sa date exacte) de m'en renvoyer un. Même si je doute que mes 2.5 lecteurs quotidiens m'aient envoyé un email et que les gens succeptibles de m'envoyer des mails sont plutôt des gens qui ne consulteront jamais cette page.
En vie de ne passer plus d'ennuis dans Zébra.